Steely Dan, nom d'un godemiché emprunté au roman "Le Festin Nu" de William Burroughs est composé de deux musiciens: Donald Fagen (voix, claviers, saxophone) et Walter Becker (basse, guitare). Originaires,tous deux, de la banlieue de New York, ils se rencontrent à l'université et abandonnent très vite leurs études. Après 5 ans d'existence marqué par un succès toujours grandissant, le duo s'installe en Californie et, avec l'aide du producteur Gary Katz, va accoucher de son chef d'oeuvre: Aja. Durant l'élaboration de cet album, les deux hommes vont faire appel à la crème des musiciens de studio californiens (Larry Carlton à la guitare, Chuck Rainey à la basse, Bernard Purdie et Steve Gadd à la batterie, Wayne Shorter de Weather Report aux saxophone, Michael McDonald des Doobie Brothers aux choeurs), ils vont alors élaborer un mélange de pop, de jazz-rock et de musique latino -américaines aux harmonies vocales imparables. Leurs textes emprunts de poésie beat et d'humour pince sans rire se révèle parfois poignant("Deacon Blues") voire hilarants ("Black Cow"), le tout, baigné d'une grande aura de mélancolie. La somme de ces différents éléments aurait pu former une pièce-montée indigeste:en fait, il n'en est rien. Chaque élément rythmique et harmonique sont les rouages d'une mécanique implacable ou rien n'est laissé au hasard pour le plus grand plaisir de l'auditeur qui se voit volontiers écouter cette musique au volant d'une décapotable sur la Pacific Highway ou assis sur la plage à l'ombre d'un palmier:essayez, vous verrez..........
mercredi 29 avril 2009
Steely Dan "Aja"
Steely Dan, nom d'un godemiché emprunté au roman "Le Festin Nu" de William Burroughs est composé de deux musiciens: Donald Fagen (voix, claviers, saxophone) et Walter Becker (basse, guitare). Originaires,tous deux, de la banlieue de New York, ils se rencontrent à l'université et abandonnent très vite leurs études. Après 5 ans d'existence marqué par un succès toujours grandissant, le duo s'installe en Californie et, avec l'aide du producteur Gary Katz, va accoucher de son chef d'oeuvre: Aja. Durant l'élaboration de cet album, les deux hommes vont faire appel à la crème des musiciens de studio californiens (Larry Carlton à la guitare, Chuck Rainey à la basse, Bernard Purdie et Steve Gadd à la batterie, Wayne Shorter de Weather Report aux saxophone, Michael McDonald des Doobie Brothers aux choeurs), ils vont alors élaborer un mélange de pop, de jazz-rock et de musique latino -américaines aux harmonies vocales imparables. Leurs textes emprunts de poésie beat et d'humour pince sans rire se révèle parfois poignant("Deacon Blues") voire hilarants ("Black Cow"), le tout, baigné d'une grande aura de mélancolie. La somme de ces différents éléments aurait pu former une pièce-montée indigeste:en fait, il n'en est rien. Chaque élément rythmique et harmonique sont les rouages d'une mécanique implacable ou rien n'est laissé au hasard pour le plus grand plaisir de l'auditeur qui se voit volontiers écouter cette musique au volant d'une décapotable sur la Pacific Highway ou assis sur la plage à l'ombre d'un palmier:essayez, vous verrez..........
Marvin Gaye "In Our Lifetime"
En 1981, Marvin Gaye se trouve dans une situation financière désespérée: ses créanciers le cernent de toutes parts. Son précédent disque "Here My Dear", constat douloureux de son mariage, puis de son divorce avec Anna Gordy, soeur de Berry Gordy, président de Motown, sa maison de disque a été un échec cuisant niveau ventes. Il "s'enfuit" à Hawaï et se lance donc dans une désastreuse tournée européenne après une âpre dispute avec son promoteur. il se décide également à enregistrer un album, tout d'abord intitulé "Love Man"puis "In Our Lifetime" à Honolulu puis dans différents studios . Jaloux du succès de Prince et de Rick James, autre poulain de sa maison de disque, il veut concocter un disque rythmé et spirituel. Il y déverse toutes ses obsessions, fruit de ses tourments intimes présents et de son éducation religieuse, menée d'une main de fer par son père. Motown lance le single "Ego Tripping Out", puis, lassée du refus de Gaye de livrer les autres titres, fera rapatrier les bandes par un des musiciens des séances de studio et remixera l'album sans son autorisation. Le point de litige culminant sera le titre "Far Cry" que le chanteur ne considère que comme une vulgaire maquette et qui sera inclue cependant dans l'album. Une collaboration de plus de 20 ans s'achève dans le chaos. Ce disque mutilé, dans lequel Marvin Gaye , sous ses habits de prêcheur sardonique, nous livre une vision apocalyptique et sensuelle de son ego par le biais de prouesses vocales sans précédent,nous prouve que la musique plus qu'une source d'inspiration, est une catharsis placée sous le signe que l'on pourrait qualifier de "sacré" lorsqu'une personnalité lunatique s'immerge à ce point dans son art.
mercredi 15 avril 2009
Alain Bashung "Fantaisies Militaires & L' Imprudence"


Cela fait presque un mois qu'il s'en est allé et déjà sa voix singulière nous manque.
Paru en 1997, "Fantaisies Militaires"semble être un pavé dans la mare dans une variété française de plus en plus moribonde . Bashung prend sous sous son aile le guitariste Rodolphe Burger,celui de Portishead(Adrian Utley) ainsi que les valentins et les mène vers des sommets insoupçonnés. La brutalité tellurique de la rythmique s'oppose aux mélopées arabisantes des cordes(Mes Prisons), les nappes de synthétiseurs mènent à un lyrisme désenchanté(Aucun express),une rythmique "jungle" se retrouve lacérée de guitares (Samuel Hall). Tout au long de ce disque les mots et la mélodie semblent ne former qu'un magma incandescent d'émotions refoulées et d'accélérations étourdissantes. Mais rien ne laisse augurer du disque suivant,paru en 2002 de ce diamant noir, illuminé par le pianiste d'Elvis Costello, Steve Nieve, "L'Imprudence", un disque casse gueule, funambule, ou l'artiste clame ses émotions plus qu'il ne les chante et ou les textes du tandem Fauque - Bashung, étincelants cadavres exquis, surpassent ceux de leur prédécesseur par leur beauté sombre et abstraite. De "Tel" à "L'Imprudence, "un rock impressionniste mêlée de musique concrète s'impose à nous comme une bande -son à la fois chaotique et ordonnée tout droit sorti du cerveau d'un chapelier fou. Ces deux disques démontrent le courage et l'impudeur d'un artiste qui n'hésitait pas à sortir des sentiers battus et à imposer courageusement sa verve et ses mélodies: qu'il en soit remercié.
lundi 13 avril 2009
Van Morisson "Astral Weeks Live At The Hollywood Bowl"

En 1968, Van Morisson, liberé d'un contrat discographique qui lui semblait vain, signe avec la Warner et en enregistre en quelques heures un disque qui va bouleverser des millions d'auditeurs:Astral Weeks avec, à la contrebasse Richard Davis et, à la batterie, Connie Kay(du Modern Jazz Quartet),accompagné de cordes, de guitares sèches et de flûtes.Le résultat fut époustouflant En 2009, l'irlandais irascible qui n'a jamais repris la totalité de ces chansons ,décide de monter un orchestre et de les rejouer intégralement sur la scène du Hollywood Bowl! Ce nouveau disque pose une question essentielle: peut-on faire revivre un tel chef- d'oeuvre plus de 40 ans après sa sortie? La réponse est oui malgré les multiples débats passionnés que cela va engendrer. Certes, les arrangements rythmiques se font ça et là sentir:ils soulignent parfois un peu grossièrement une mélodie qui aurait méritée d'être allégée; mais tout cela est contre balancé par Van Morisson lui-même: sa capacité à s'émerveiller de ses thèmes favoris: la poésie, le mysticisme et la musique qui ont toujours été le suc de cette croisade qu'il s'est juré de mener contre vents et marées. Et puis, il y a cette voix puissante, inimitable, tel un roc battu par les vents et la pluie qui ne plie jamais, cette voix qui n'a cessée de se buriner, se parant ça et là d'un enthousiasme juvénile malgré sa soixantaine. Oui, Van Morisson a évolué:il est désormais le fruit de ses expériences passées, présentes et futures et cela se ressent dans sa musique . Et qui s'en plaindra?
Le vrai point faible du disque sont les morceaux bonus du disque, à savoir "Listen To The Lion"(autant se procurer le live "It's Too Late To Stop Now" ou la version y est grandiose) et "Common One" pour son duel de voix particulièrement agaçant.
mercredi 8 avril 2009
Anthony & the johnsons"the crying light"
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Il y a d'abord sur la pochette de ce disque, cette silhouette décharnée, quasi spectrale du chorégraphe Kazuo Ohno, fondateur du théâtre Butô en position d'offrande.....
Devant cette image, intrigué, on met le disque dans le lecteur et là, cette voix d'ange parcheminé et tissée de soie et de rouille nous saute à la gorge,puis ce piano crépusculaire et ses cordes, à la fois menaçantes et caressantes entre la patte d'un chaton et celle, redoutable d'un tigre sur les formes carrossées de nos émotions . Ici et là, des échos de flûtes et de guitares hurlent un écho lointain et inconscient.
Ce court voyage de 40 minutes, à l'exception de très rares accélérations, nous semble la plus délicieuse des éternités mais c'est également une quête pastorale ou se mêlent les images, les odeurs et les saveurs de douce mélancolie qui nous étreignent dans la béatitude.
Un disque à écouter de toute urgence
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