jeudi 7 mai 2009

Cassandra Wilson "New Moon Daughter"


Il est remarquable de constater de voir à quel point certains musiciens parviennent à mener ceux qui écoutent leur musique  à une sorte d'état proche du ravissement. La voix chaude de Cassandra Wilson nous mène dans un voyage intimiste et profond dans lequel nos réflexions les plus profondes et les plus intimes sont sollicités: le constat terrifiant sur la sauvagerie du racisme (Strange Fruit, standard popularisé par Billie Holiday), le recueillement religieux (Salomon Sang), la sensualité (Little Warm Death),les reprises arrangées avec passion (tel I'm So Lonesome I could Cry de Hank Williams) font de ce disque le témoignage profond et sincère d'une artiste qui, en ne reniant pas ses racines fondamentales que sont le jazz, le folk et le blues, ose s'aventurer hors des sentiers battus, étant consciente que l'Afrique est le fondement de toutes les musiques actuelles. L' espace tient également une importance capitale dans ce disque: chaque note produite par la guitare, par exemple, semble mourir dans un murmure à la fin de chaque accord, chaque peau frappée se fond avec le murmure d'un battement de coeur. Une beauté métaphysique se dégage de ce disque comme un parfum universel, une fleur très rare qui ne pousserait que dans dans un mileu amniotique,  sous une voûte étoilée,  et qui se fanerait une fois l'aube à l'horizon. 

1 commentaire:

  1. Effectivement, c'est un très belle album que je te remercie encore de m'avoir fait découvrir !

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